La région Occitanie, avec ses onze départements, propose une palette d’expérimentations qui s’appuient souvent sur les tissus associatifs locaux, parfois impulsés par les familles elles-mêmes, et relayées à échelle variable par les institutions publiques.
Les maisons partagées : le modèle du vivre-ensemble à taille humaine
À l’image de la Maison des Sages à Toulouse, certaines initiatives pionnières accueillent des adultes autistes vieillissants dans des maisons adaptées, regroupant 4 à 8 personnes maximum. Le projet se fonde sur la mixité volontaire, l’aménagement d’espaces de vie commune (cuisine, séjour) et des chambres individuelles entièrement personnalisées.
- Accompagnement souple (intervenants éducatifs, aides pour les actes essentiels de la vie quotidienne, auxiliaires de vie sociale intervenant en journée ou à la demande)
- Participation active des résidents au fonctionnement du lieu (préparation des repas, choix des activités, gestion des petits conflits ou besoins d’ajustement)
- Ouverture vers l’extérieur, avec des partenariats pour des activités culturelles, sportives, de jardinage, etc.
Ce modèle est particulièrement adapté aux personnes autistes présentant une certaine autonomie ou pouvant vivre à leur rythme tout en partageant certaines activités collectives (source : Ville de Toulouse).
Les colocations accompagnées : vers plus de flexibilité
Moins institutionnalisés, certains projets comme ceux portés par l’association Simon de Cyrène en partenariat avec des acteurs locaux en Occitanie, misent sur la colocation entre personnes autistes adultes, parfois avec ou sans handicap associé, et des « compagnons », volontaires ou salariés. La vie quotidienne est structurée autour :
- D’un emploi du temps d’accompagnement adapté, avec une présence humaine rassurante mais non invasive
- D’une dynamique d’entraide, favorisant la création de liens et l’échange de compétences entre colocataires
- D’un projet de vie sociale pensé collectivement, évolutif selon l’âge et les besoins de chacun
Ce format plaît pour sa souplesse et sa capacité à évoluer selon l’état de santé, la fatigue ou le désir de chaque habitant, même pour les plus âgés.
L’habitat accompagné inséré en milieu ordinaire
Entre le maintien classique à domicile et le collectif pur, se développement également des solutions intermédiaires comme les petits immeubles comportant quelques appartements réservés, avec présence ponctuelle de professionnels (coordinatrice sociale, référent éducatif). C'est le cas dans certains quartiers à Montpellier ou à Tarbes, où l’accompagnement est individualisé mais la vie de voisinage favorise les relations et la sécurisation du quotidien.
Habitat inclusif en zone rurale : une adaptation particulière
L’Occitanie est une région où plus d’un tiers de la population vit en zone rurale ou semi-rurale (source : INSEE Occitanie, 2022). Des projets y voient le jour, comme la Maison Envol en Aveyron ou des projets de micro-habitats à Foix, où quelques logements adaptés sont disséminés à proximité d’un centre-bourg, avec mutualisation de services (aide à domicile, animation locale…).
| Type d’habitat | Capacité | Profil visé | Niveau d’accompagnement | Zone géographique |
| Maison partagée | 4 à 8 personnes | Seniors autistes en légère à moyenne autonomie | Présence éducative régulière, soutien administratif, participation aux tâches | Grandes villes (Toulouse, Montpellier) |
| Colocation accompagnée | 3 à 6 personnes | Seniors autistes volontaires pour la vie communautaire, mais aimant l’intimité | Souple (présence de "compagnons" non professionnels + éducateurs) | Toutes zones |
| Habitat accompagné individuel | 1 à 3 logements regroupés | Seniors autistes nécessitant un environnement calme/protégé | Présence éducative ponctuelle, relais avec service d’aide à domicile | Milieu urbain ou rural |