Vieillir chez soi représente un idéal pour beaucoup de personnes autistes âgées, attachées à leur environnement, à leurs routines et à la sécurité du familier. Pourtant, derrière ce souhait légitime se dissimule un risque majeur : celui de l’isolement social. Ce phénomène, loin d’être anodin, atteint une proportion préoccupante dans la société française : selon le rapport de la Fondation de France 2023, 7 millions de personnes, tous âges confondus, se déclarent isolées. Chez les adultes autistes, la prévalence de l’isolement est bien supérieure, parfois aggravée par la méconnaissance des troubles, des besoins spécifiques, et l’inadéquation de l’offre d’accompagnement, notamment pour les générations les plus âgées qui n’ont pas toujours bénéficié d’un diagnostic ou de suivi adéquat.
L’isolement social n’est pas qu’une absence de contacts physiques : il inclut la solitude, le sentiment de ne pas appartenir, et un éloignement progressif du tissu social. Les conséquences pour la santé sont documentées : dépression, troubles anxieux, déclin cognitif accéléré, et augmentation du risque de mortalité de près de 30% (source : The Lancet Public Health, 2023).
Les particularités sensorielles, la fatigabilité sociale, la stigmatisation et la difficulté à accéder à des solutions adaptées rendent les séniors autistes encore plus vulnérables à cet isolement, bien au-delà d’une simple absence de sorties ou de visites.